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L'eau du Gange

Pétra

Quand le passé se décline au présent

La chute du mur

Intimité arabe

Autour du lac Dal

Le syndrome de Louxor

Leçon d'humanité

Patrimoine de l'humanité

Les backwaters

Chez l'habitant tchèque

Échanges culturels

Voiture avec chauffeur

Changement de programme

La Grande-Bretagne en camping

L'expérience des autres

Trois semaines pour commencer

Poulet frit à la guatémalthèque

Cuisine chinoise

Marchandage

Touristes enregistrés

La clinique d'Arequipa

Dans les souks de Fès

Victimes du pouvoir

Coupeurs de sacs

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Partir pour les Andes

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Tourisme et développement

La réserve des Coréens
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Parenthèses


Cette section contient une trentaine de courts textes de Ginette Ledoux sur des moments, des capsules de vie, tirés de l'un ou l'autres de nos voyages ou encore des réflexions  sur divers aspects liés au voyage.

Ces parenthèses se veulent plus personnelles que les autres sections du site et font ressortir nos partis pris, nos coups de coeur.

Ces courts textes sont dissiminés un peu partout sur le site. Ils sont regroupés ici pour en faciliter l'accès.
 Ginette ledoux en Inde
Ginette Ledoux
avec un guide brahmane en Inde


L’eau du Gange


Ne cherchez pas Bénarès sur une carte de l'Inde. Vous avez beaucoup plus de chances de trouver Varanasi. La ville mythique des bords du Gange ressemble exactement à l'idée qu'on s'en fait. Pour l'apprécier dans toute sa splendeur, on doit louer une barque très tôt le matin et assister au lever du soleil sur le fleuve. Le soleil seul ne mériterait pas l'effort de se tirer du lit à des heures impossibles. Le spectacle, c'est surtout la ville qui l'offre. La lumière naissante pare les palais et les temples qui dominent les ghats de teintes pourpre, rose et ocre extraordinaires.

Le Gange est un fleuve sacré. A mesure que le jour monte les quais se couvrent de la foule fervente et colorée des fidèles venus s'immerger dans l'eau sainte pour se purifier de leurs fautes. Les moines hindous balaient dans l'eau les cendres des récentes crémations afin d'assurer la vie éternelle aux défunts. Les gigantesques buffles d'eau, les vaches sacrées et les chiens domestiques pataugent et s'abreuvant au milieu de gens indifférents à leurs ébats.
Varanasi, les bords du Gange

Après la promenade en bateau, notre petit capitaine d'une douzaine d'années nous invite à prendre le thé au stand de son père. Nous acceptons avec plaisir. Le thé est délicieux et l'ambiance exceptionnelle. Alors que nous avalons les dernières gorgées de notre verre, le papa se rend compte que sa théière est vide. Il descend au fleuve, profite d'une éclaircie dans la foule, balaie la surface de la main, plonge la bouilloire dans l'eau et remonte la poser sur son réchaud. Le doute n'est plus permis: nous avons bu de l'eau du Gange! (G.L.)


Pétra

On a beau se croire bIasé des vieilles pierres, personne, jamais, ne peut se prétendre immunisé contre Pétra. Vous avez vu Indiana Jones et la dernière croisade? Vous rappelez-vous le magnifique temple rose à la fin du film, un temple au fronton majestueux sculpté à même le roc de la falaise, juste à la sortie d'un long défilé étroit et profond? C'est le Khazneh.

Pétra est une ville du sud de la Jordanie construite par les Nabatéens. en plein désert, puis occupée par les Romains. C'est une ville morte, une ville morte bouleversante. C'est la beauté faite pierre.

La magie de Pétra  ne tient pas de la légende mystique du Graal, peu s'en faut. Elle tient de la grandeur de l'homme qui s'est mesuré à la grandeur du site. Petite fourmi laborieuse, l'homme a creusé la montagne d'une multitude d'alvéoles, il a érigé les frontons des temples, il a dressé les escaliers et il a dompté l'eau. Dans le décor fantasmagorique de défilés et de gorges, de falaises et de pics, il a laissé la marque  indélébile de son courage et de son ingéniosité.


Puis, Pétra a été rendue à la pierre. Est-ce la cruauté du désert ou la folie des hommes qui l'ont vidée de ceux qui l'avaient faite? Difficile à dire. Seuls quelques Bédouins sont restés, vestaIes vigilantes de la flamme sacrée de la vie face à l'éternité minérale. Les doigts puissants du vent, du sable et du sel ont gommé les traces du passage de l'homme, estompé le décor et brouillé les pistes. Ces artistes aveugles ont pourtant recréé une gigantesque oeuvre d'art, grandiose et intemporelle, devant laquelle on se sent tout petit. (G.L)
Pétra, le Khazneh


Quand le passé se décline au présent
On trouve à peu près partout dans le monde des traces des civilisations disparues. Certains vestiges ont été abandonnés, d’autres ont été restaurés ou encore transformés en musées pour nous donner un meilleur aperçu du passé. Bhadgaon (ou Bhaktapur) dans la vallée de Katmandou, au Népal, a échappé au sort commun. La ville n'a pas bronché depuis plusieurs siècles.

À Bhadgaon, la vertigineuse plongée dans le Moyen Âge est un véritable enchantement. La ville est ravissante. Des maisons, des palais et de drôles de temples à étages, construits en brique rouge et en dentelle de bois foncé, se découpent harmonieusement sur le fond vert des collines environnantes. Des monuments religieux, oratoires, statues, clochetons ou soupas, surgissent à tous les détours. De longues guirlandes d'herbes odorantes pendent le long des maisons, au-dessus des ruelles étroites. Des enfants joyeux jouent dans les espaces dégagés, des femmes en saris font leur lessive et des artisans travaillent en plein air, sur les pavés de la rue.

Bhadgaon (Bhaktapur): potiers Bhadgaon (Bhaktapur): atelier en plein air
Depuis plusieurs siècles, les potiers occupent  la même place. Ils fabriquent les mêmes jarres, pots ou récipients que leurs ancêtres sur les mêmes lourdes meules de pierre et dans la même glaise noire de Thimi. L'illusion est parfaite. Le temps est aboli.

Aboli? Pas tout à fait, pourtant. Dans le décor médiéval, le 21ième siècle fait un petit clin d'oeil à l'observateur attentif. Si la poussée des bâtons fait toujours tourner les meules, des pneus de tracteurs ou de camions ceinturent parfois les grandes dalles rondes pour protéger les jambes du potier de la friction de la pierre. L'anachronisme est si discret que j'ai mis un bon moment à le repérer. (G.L.)



La chute du mur

Mur de Berlin


Mur de Berlin


Morts en voulant passer à l'Ouest



Je suis grimpée sur le mur de Berlin peu après sa chute et avant la réunification, juste au moment où quelques brèches se sont ouvertes dans une frontière jusque-là complètement étanche.

J'ai entendue les coups de marteau de ceux qui démolissaient centimètre par centimètre l'odieux témoignage de la bêtise humaine. Je me suis recueillie devant les croix fleuries érigées à  la mémoire des jeunes gens qui sont morts en tentant de passer à l'Ouest, le dernier quelques mois à peine avant la chute. J'ai eu quelques conversations émouvantes avec un vieux monsieur qui avait finalement pu revoir sa famille après dix-sept longues années de séparation.

J'ai vu I'étonnement et la convoitise dans les yeux de ceux qui apercevaient pour la première fois la prospérité, l'abondance, la propreté rutilante, la belle organisation et le souci esthétique d'une grande ville occidentale. J'ai lu dans leur regard le double sentiment d'envie et de frustration devant tout ce dont ils avaient été privés. J'ai célébré avec eux la victoire de la liberté sur l'oppression, de la démocratie sur la dictature, du bloc de l'Ouest sur le bloc de l'Est.

C'était une période exaltante. Toute l'Europe était en fête. Tout le monde avait le sentiment d'appartenir à la grande famille humaine enfin réunie. Tout le monde avait le sentiment de partager un grand moment historique. Tout le monde s'aimait.

Une vingtaine d'année se sont écoulées. L'Allemagne est maintenant unifiée. De multiples problèmes ont dû être surmontés.
Mais à part quelques nostalgiques, peu d'Allemands voudraient retourner en arrière. (G.L.)

Intimité arabe

En Syrie et en Jordanie, à notre grande surprise, nous avons trouvé de vrais petits bijoux d'hôtels bon marché, propres, confortables et merveilleusement chaleureux. Ces hôtels possèdent tous, près du comptoir de la réception, un salon équipé de la télévision. Ces salons, très fréquentés par les clients de passage, les propriétaires et les employés de l'hôtel, et même par leurs voisins et leurs amis, sont des lieux de rencontre extraordinaires. J'avais donc très vite pris l'habitude de m'y pointer assidûment tous les soirs. Que je m'y retrouve souvent la seule femme de l'assemblée ne m'a jamais gênée. Au contraire! Mon statut d'étrangère suscitait une certaine curiosité et m'auréolait d'un certain prestige, et mon âge me protégeait des jugements téméraires.

L'hospitalité arabe est exceptionnelle. Je n'avais pas sitôt posé mes fesses dans un fauteuil que quelqu'un m'arrivait avec un verre de thé. C'était une façon très respectueuse de manifester de l'intérêt pour ma personne et d'engager la conversation.
J'ai toujours accepté l'invitation. Ces soirées à deviser à bâtons rompus en anglais, m'ont plus appris sur la vie et ça mentalité du Moyen-Orient que si j'avais lu quarante bouquins sur le sujet.

Quand l'assemblée se dispersait et que je restais seule avec le réceptionniste, notre tête à tête prenait une tournure beaucoup plus personnelle et beaucoup plus profonde. J'ai même reçu de vraies confidences. Des jeunes gens m'ont confié leur solitude affective, m'ont parlé de leur inquiétude face à l'avenir et m'ont avoué leur angoisse face aux responsabilités que leur société fait peser sur eux. Ils semblaient apprécier profondément ces échanges difficiles ou même impossibles dans leur propre culture. (G.L.)

Amman en Jordanie


Autour du lac Dal


À Srinagar, au Cachemire, dans Ie nord de l'Inde, nous avons loué de massives bécanes asiatiques, pour faire le tour du lac Dal. La ville pittoresque se love sur son lac, dans une étroite vallée de l'Himalaya cernée de hautes montagnes.

Le site est absolument grandiose. En fond de scène, les majestueux sommets blancs et acérés grimpent à des hauteurs vertigineuses.
Lac Dal au Cachemire en Inde
Devant, de longues embarcations effilées fendent sans la troubler une eau d'argent liquide, lisse comme un miroir. Entre les deux, l'éclat de la neige immaculée contraste violemment avec le vert émeraude éblouissant des feuillages d'hiver. Dans l'air flotte un étrange silence, un silence feutré tellement surprenant dans l'Inde si sonore. Magnifique!

Notre promenade nous a fait découvrir de beaux jardins mongols frissonnants sous le gel, des maisons coiffées d'étranges greniers ouvert, un émouvant cimetière musulman, un quartier ancien de hautes maisons aux façades de bois finement sculptées, un impressionnant marché de légumineuses et d'épices, une bande de joyeux enfants jouant avec des cerfs-volants de papier de couleurs vives. Et puis la vie, la vie de tous les jours, dans la rue, dans les cours d'école, dans les échoppes ouvertes sur la rue et sur les house-boats, ces curieuses maisons-bateaux héritée des Anglais.

Nous nous sommes arrêtés pour prendre un bon thé du cachemire, chaud et délicieusement épicé, visiter une fabrique de tapis de soie, la spécialité de Srinagar, et manger dans un restaurant populaire, où nous avons été accueillis comme des princes. Au retour, le coucher du soleil nous a offert une apothéose de sommets d'un rose bouleversant, baignant dans une limpide lumière pêche extraordinairement féérique. Que de merveilleux souvenirs pour une journée qui n'a presque rien coûté! 
(G.L.)


Le syndrome de Louxor

Nous étions à Louxor, en Égypte, quelques semaines après le massacre du 17 novembre 1997, où soixante-deux personnes sont mortes: cinquante-huit touristes et quatre égyptiens. Nous y sommes allés en toute confiance, avec la certitude que ce qui était arrivé était une sorte d'accident, un accident tragique causé par une poignée de fanatiques. Nous n'avons jamais éprouvé la sensation d'un quelconque danger. Au contraire. Les habitants se sont montrés d'une affabilité réconfortante. Ils voulaient tous que nous fassions savoir au monde qu'il n'y avait pas de danger à Louxor, que la vie y était bonne, les sites touristiques toujours aussi magnifiques et la population plus accueillante que jamais. (Promesse tenue!) Mais pas moyen de les faire parler de la façon dont ils avaient vécu les événements, du choc, de l’horreur et du deuil. Ils feignaient de ne pas entendre et déviaient la conversation sur un autre sujet. Tous.
Le massacre de Louxor a eu, pendant assez longtemps, des répercussions catastrophiques sur l'économie de la ville, qui vit essentiellement de tourisme. Officiellement, le chiffre d'affaires a baissé de quatre-vingts pour cent; d'après nous, c'était encore pire. Les hôtels étaient vides, les bateaux de croisière amarrés aux quais, les boutiques silencieuses et les habitants désespérés.

Quand nous avons loué une felouque pour la classique promenade sur le Nil, notre capitaine nous a appris qu'il n'était pas sorti depuis quarante jours à cause de tous les étrangers qui avaient annulé leur voyage! J'ai trouvé le premier ministre britannique Tony Blair totalement  illogique de recommander aux Anglais d'éviter de voyager en Égypte: Mme Thatcher avait-elle recommandé aux étrangers d'éviter Londres après que I'IRA eût fait sauter la gare de Charing Cross?


Alors que c'est à Louxor qu'a eu lieu l'attentat, c'est à Assouan que nous avons été confrontés à ce que nous avons baptisé le syndrome de Louxor, une obsession malsaine pour la sécurité. Le chef de police a fait fermer la route d'Abou Simbel et défendu aux transports en commun de prendre des étrangers.
Temple d'Hatchepsout : Nefertari (Louxor, Égypte)
Tous les touristes pour Abou Simbel devaient s'y rendre en avion et, pour les autres destinations, emprunter des «convois», en fait des tours organisés accompagnés par une voiture de police solidement armée. Nous sommes convaincus que ces décisions avaient pour but, sous le couvert d'assurer leur sécurité, d'obliger les touristes à utiliser les services les plus chers. Nous nous sommes même demandé combien le chef de police avait pu toucher en bakchich des compagnies concernées pour prendre des décisions aussi stupides.

Le pauvre homme s'est trompé sur toute la ligne, sur l'efficacité des mesures qu'il a prises comme sur la réaction des touristes face à ces mesures: personne ne se sentait vraiment réconforté de voir son avion ou son convoi devenir une véritable cible, personne ne se sentait rassuré de voyager entre les mitraillettes et personne n'appréciait de voir réprimer sa liberté de circuler. Nous avons tenté de faire comprendre aux gens qui prétendaient agir dans notre intérêt que leurs moyens étaient maladroits et que, s'ils cédaient à la peur, les terroristes gagnaient sur toute la ligne, eux qui avaient déjà réussi à faire fuir les touristes et à tuer l'économie. Nous avons cité les gens de Louxor en exemple après un tel drame, le seul remède est d'essayer de vivre le plus normalement possible. (G.L)


Leçon d'humanité

Il faut ici se reporter à la fin des années 80, alors que le Guatemala était encore au prise avec des poches de guérilla. Si je m'étais fiée uniquement aux reportages que j'ai vus à la télévision, je ne suis pas sûre que je serais allée au Guatemala. Du moins, pas avec notre propre voiture à partir du Canada et encore moins en y emmenant les enfants. Et pourtant, j'ai aimé ce pays-là d'amour. Ce coin du monde partagé entre la jungle et les hautes montagnes est d'une beauté époustouflante. Le site archéologique de Tikal est l'un des plus impressionnants du monde, le lac Atitlan un pur joyau dans son écrin de volcans, et les marchés de Chichicastenango ou de San Francisco el Alto parmi les plus colorés de la planète.
Marché de Chichicastenango
Maïs le principal attrait du Guatemala, ce sont les Guatémaltèques. Ils sont beaux, dignes, fiers, accueillants, souriants et serviables. Un vrai bonheur! C'est la société qui nous a servi la plus belle leçon d'humanité: quand on n'a pas de services à sa disposition, on ne peut compter que sur la solidarité humaine. J'ai connu dans ce pays un sentiment de bien-être entier et de totale sécurité. Je savais que si nous avions des ennuis, nous pourrions toujours compter sur les gens autour de nous.
J'avais raison : l'état de certaines routes a mis à mal le système de freinage, qui nous a totalement lâchés, en pleine jungle du Péten. La panne a été réparée avec empressement et une totale gentillesse, dans un atelier de mécanique en plein air de Florès, grâce au bon vieux système D. Quand on n'a rien, on doit se débrouiller avec les moyens du bord. (La réparation a tenu plus de deux ans!) Le lendemain, nous nous sommes enfoncés jusqu'aux portières dans un cloaque de boue, sur une route que les pluies de la mousson avaient rendue quasi impraticable. Là encore, un mouvement de solidarité joyeuse nous a tirés d'embarras.

À l'époque, si la répression contre les autochtones, qui constituent la majorité de la population, s'était un peu calmée, la présence militaire restait très importante. On dirait pourtant qu'en réaction la population se serre les coudes, cultive la joie de vivre et la sérénité, et tire un profit maximum du peu qu'elle possède. C'est vraiment une belle leçon de vie. (G.L)



Patrimoine de l'humanité Les backwaters
La  ville de Sour et ses environs au sud du Liban, à quelques kilomètres de la frontière d'Israël, ont été régulièrement la cible de raids aériens israéliens. Pour accéder à l'antique cité romaine de Tyr sur laquelle la ville est construite, on circule entre les chars d'assaut et les batteries antiaériennes pointées vers le ciel.
Dans l'extrême sud de l'Inde, là où le tropique du Cancer commence à frôler l'équateur, il règne à longueur d'année une chaleur d'étuve. Voyager sur l'eau est une récréation fort bienvenue. Pour quelques sous, les connaisseurs font donc le trajet d'Alleppey à Quilon en bateau-bus. Les banquettes de bois sont un peu raides sous les fesses mais, dans l'air tiède et lumineux, le décor est magique partout.

Les backwaters, réseau complexe de lagunes et de canaux navigables, quadrillent certains des plus jolis paysages du monde. L'eau, la végétation tropicale et le ciel bleu s'y entremêlent pour composer une tapisserie d'une séduisante luxuriance. La vie du Kerala se déroule le long des rives, calme et sereine à l'ombre bénéfique des palmiers, des cocotiers et des bananiers. Le bonheur exige ici qu'on prenne tout son temps. Nous avons mis neuf  heures pour franchir les quatre-vingts kilomètres entre les deux villes. (G.L.)

Tyr, secteur II, ruines croisées
La présence de tout cet arsenal militaire a de quoi impressionner les âmes sensibles. Pourtant, nous avons découvert avec étonnement, au milieu des ruines historiques, la présence de grands panneaux bleu vif orientés vers le ciel, sur lesquels on pouvait lire à peu près ceci: «Site du patrimoine mondial protégé par I'UNESCO». Autrement dit:«Défense de bombarder!»

Étonnant, non? Les Nations Unies réussiraient-elles à mieux protéger les vieilles pierres que les populations. (G.L.)

Les backwaters, Inde du sud


Chez l'habitant tchèque

À Prague, en République tchèque, peu de temps après la chute du mur de Berlin et deux jours avant une visite du pape, les seules chambres d'hôtel disponibles coûtaient un prix astronomique. Et nous étions quatre! À notre sortie du bureau d'information touristique, alors que nous étions un peu découragés, un professeur d'éducation physique de l'université nous a abordés et proposé de nous loger chez lui.

Ses deux enfants étaient à la campagne pour les vacances scolaires et sa femme et lui pouvaient dormir au salon. Il parlait un peu l'anglais, très peu à vrai dire, juste ce qu'il faut pour entretenir l'illusion d'une conversation. Malgré ce handicap, il a quand même découvert assez vite ce que lui et nous avions en commun: les frères Statsny, d'origine tchèque, qui jouaient à l'époque avec l'équipe de hockey des Nordiques de Québec.

C'est ainsi que, grâce à quelqu'un qui souhaitait arrondir ses fins de mois, nous avons pu pénétrer dans l'intimité d'une famille moyenne d'Europe de l'Est. Ce n'était pas courant à l'époque et c'est une expérience que je recommande de faire au moins une fois dans sa vie. Ça vaut tous les cours d'économie comparée. (G.L.)
Prague: logement chez l'habitant


Échanges culturels

Nous avons eu la chance de visiter la Chine en 1985, très peu de temps après l'ouverture du pays au tourisme. Étant donné le contexte socio politique et la phénoménale différence de langue, nous nous attendions fort peu à entretenir des contacts personnels avec les Chinois. Et pourtant, c'est une des destinations où nous avons fréquenté le plus la population locale. Les Chinois se sont montrés accueillants, chaleureux et terriblement curieux. Notre présence a même causé quelques attroupements et nous avons été traités aux petits oignons presque partout. Pratique du tai chi, tôt le matin, à Shanghai
Le touriste étranger étant une denrée rare à l'époque, nous étions vite repérés. Les étudiants chinois qui s'étaient mis à l'apprentissage de l'anglais ou du français venaient nous trouver pour vérifier la qualité de leur savoir et s'exercer un peu. Nous avons donc visité le jardin botanique de Canton - Guangzhou pour les Chinois - en compagnie de deux jeunes gens qui ajoutaient à leur connaissance de l'anglais celle de la botanique. Leur traduction du nom des plantes ressemblait à la récitation d'un poème. Nous étions loin de l'aride vocabulaire scientifique de nos herbiers!
Dames de Beijing En général, nous avons été étonnés de la qualité de l'enseignement des langues étrangères dans les écoles d'un pays aussi fermé à l'époque que la Chine. Étonnés aussi de la connaissance que les Chinois avaient de la culture des pays occidentaux. Certains y ont vu la preuve de la supériorité de l'Occident sur l'Orient. Pour nous, c'était plutôt la preuve du contraire. C'est celui qui connaît le mieux l'autre qui se retrouve en position de force.

La place que la Chine a prise depuis dans le commerce international nous a donné raison. (G.L.)


Voiture avec chauffeur

À New Delhi en Inde, nous avons loué une automobile avec chauffeur pour les deux semaines de notre visite du Rajasthan, que nous voulions voir de près et à notre rythme. Encore aujourd'hui, la plupart des loueurs imposent un chauffeur. Le coût d'une telle location, relativement raisonnable par rapport à nos critères, représente une fortune en Inde.

Notre chauffeur, qui se disait bien payé ne percevait que dix pour cent du montant que nous avions versé au propriétaire de l'agence. Il nous a fallu quelques jours pour nous rendre compte qu'il dormait dans la voiture: il n'avait pas les moyens de se payer les hôtels où nous débarquions.

Nous avons donc franchi plusieurs centaines de kilomètres sur la banquette arrière d'une grosse Hindustan Ambassador, qui n'est rien d'autre qu'une copie de la britanique et guindée Morris Oxford des années 50. Nous avons vite compris pourquoi les autorités indiennes hésitent à laisser conduire des étrangers sur leur sol. Pour être chauffeur en Inde, il faut croire à la réincarnation!
Arrêt au restoroute au Rajasthan

Restoroute au Rajasthan

Le nôtre était un Sikh de vingt ans, très habile. Il parlait un petit peu l'anglais et nous a avoué n'être heureux qu'au volant de sa voiture. Il était complètement dérouté par le genre de touristes que nous étions et nous a observés un long moment avant d'oser nous entraîner dans le monde ordinaire, le sien. La première fois qu'il nous a demandé si nous voulions nous arrêter manger à un restoroute - rien de comparable avec les nôtres - il n'était pas très sûr de lui. Nous avons compris qu'il avait repéré des coreligionnaires et souhaitait rompre l'isolement dans lequel nous le confinions malgré nous. Nous avons accepté et ne l'avons jamais regretté. Nous ne saurons jamais ce que le charmant jeune homme racontait à ses copains à notre sujet, toujours est-il qu'ils ont bien rigolé à nos dépens. Nous nous sommes beaucoup amusés et en plus, nous avons fort bien mangé. (G.L.)


Changement de programme

Bord de mer à Tel Aviv En préparant notre itinéraire de voyage en Israël, nous avions prévu passer deux ou trois jours dans la bande de Gaza, afin d'observer de l'intérieur les conditions de vie de la population du territoire. Presque à la dernière minute, nous avons été court-circuités par la situation politique et nous avons dû renoncer. C'était le dixième anniversaire de l'Intifada de décembre 1987, le soulèvement populaire palestinien, et les autorités sous la direction de Yasser Arafat avaient décidé d'effectuer le recensement de la population sous leur contrôle.
La tension politique a monté d'un cran et le territoire a été bouclé, interdit à tous ceux qui ne pouvaient pas prouver qu'ils avaient de bonnes raisons d'y pénétrer. Le tourisme n'était pas de celles-là. Nous en avons été quittes pour passer deux jours de plus à Tel-Aviv. Malgré la frustation découlant de la fermeture de Gaza, nous avons quand même bien profité de notre séjour supplémentaire à Tel Aviv. La ville est superbe et le bord de mer fabuleux!

Aujourd'hui, les tensions sont permanentes et un voyage dans la bande de Gaza et ses environs est formellement déconseillé par les divers gouvernements. (G.L.)

La Grande-Bretagne en camping

La Grande-Bretagne nous faisait de l'œil depuis un certain temps déjà. Un seul obstacle nous retenait: le coût élevé du logement. Il faut savoir que le Bed and Breakfast est une formule hôtelière qui veut rarement dire «logement économique chez l'habitant». L'arrivée dans le commerce de grandes tentes légères et compactes nous a ouvert des horizons. Je n'ai jamais pu me faire à l'idée de ramper pour me glisser dans un abri individuel grand comme un mouchoir de poche. Je tiens à mon confort!
Par un beau mois de juillet, nous avons donc visité la Grande-Bretagne - Angleterre, pays de Galles, Écosse - en camping. Contrairement à la croyance populaire, il a fait beau tout le temps. Les îles britanniques étaient souvent plus brumeuses que pluvieuses. À l'aide du guide de camping RAC, nous avons déniché de vrais petits bijoux de terrains magnifiquement équipés: séchoirs à cheveux, fers à repasser, salon de télé, salle de lavage, éviers pour la vaisselle, sites gazonnés. Certains ressemblaient même à de véritables jardins botaniques. La plupart du temps, nous campions chez un fermier qui avait réservé un de ses champs aux voyageurs de passage.

Paysage du pays de Galles
Les seules choses qui manquent partout, pour les non-européens que nous sommes, ce sont les tables. Nous avions donc trimballé avec nous une petite table pliante, avec ses quatre sièges incorporés, qui se ferme comme une valise. Et nous avions tout ce qu'il faut pour faire notre cuisine. Quand on se lassait des fish and chips, on allait faire une virée au supermarché du coin et on se cuisinait une petite bouffe à notre goût, accompagnée d'une bonne bouteille de vin! (G.L)


L'expérience des autres Trois semaines pour commencer
On peut profiter sans scrupules de l'expérience des autres. Aucun globe-trotter ne va lésiner sur son temps, rechigner à partager ses expériences ou refuser de raconter ses aventures. Tous seront bien trop contents d'avoir des auditeurs. Les voyageurs qui sont déjà revenus de l'étranger, dégoulinants d'émotions et la tête prête à exploser de choses à raconter, vont me comprendre.

Ils savent très bien, eux, que lorsque les parents ou les amis qui viennent les accueillir à l’aéroport leur demanderont s’ils ont fait bon voyage, ils doivent répondre:« oui, merci!» et c'est tout!

Ceux qui sont restés peuvent leur consentir au maximum dix minutes d'attention, après quoi les voyageurs seront ramenés de force à des considérations plus terre à terre, comme l'amygdalite du petit dernier ou le dégât d'eau chez le voisin. Comme on peut le constater, demander des renseignements à ces pauvres frustrés de la parole, c'est leur rendre un immense service!
(G.L)
Selon mon expérience personnelle et selon les résultats de ma petite enquête auprès de voyageurs qui font de longs périples à l'étranger, il faut tout juste trois semaines pour oublier qu'on a déjà vécu ailleurs et autrement qu'en voyage.

Trois semaines pour décrocher complètement de ses anciennes habitudes et s'en forger de nouvelles. Trois semaines pour s'intégrer naturellement au mouvement de l'itinérance. Trois semaines pour changer de style de vie.

C'est un phénomène assez étonnant. Une fois passé le cap de ces trois semaines, on peut filer à l'aise, sans regrets, sans fatigue et sans ennui, durant plusieurs semaines ou plusieurs mois de suite.

Si vous avez la chance de pouvoir partir plus longtemps que ces trois nécessaires semaines d'apprentissage et d'adaptation, faites-le sans hésiter. Vous ne pourrez que vous en féliciter. (G.L.)


Poulet frit à la guatémalthèque

Habitation guatémalthèque En voyage, les repas qui m’ont laissé le meilleur souvenir, je les ai pris dans des endroits où je ne me serais jamais arrêtée chez moi: des tables bancales sur des bouts de trottoir, des huttes de paille ou de bambou, des cabanes de planches, des hangars de béton ouverts sur la rue.

Je me souviens en particulier d'un arrêt dans un «restaurant» de la jungle du Péten, au Guatemala: une maison semblable à toutes les autres, devant laquelle une caisse de Coca-cola indique qu'on y sert à manger au voyageur de passage.
On nous a installés à une table protégée par un auvent de toile bleue, au beau milieu des poules. Et on nous a demandé si nous voulions du poulet, en examinant du coin de l'oeil les volatiles autour de nous. Bien sûr que nous voulions du poulet! Quelques caquetages et quelques volées de plumes plus tard, on nous a servi un des meilleurs poulets frits de mon existence. Le poulet était frais, c'est le moins qu’on puisse dire! (G.L.)


Cuisine chinoise

En Chine surtout, on ne connaît pas toujours l'«identité» du contenu du plat qu'on nous sert. Ce n'est pas grave. Si on aime, on mange; si on n'aime pas, on laisse. Au prix que ça coûte, la perte n'est jamais considérable. Pourtant, on peut s'y commander volontairement des menus qui sortent tout à fait de l'ordinaire, et plutôt chers: du chien, de la tortue - à carapace molle ou à carapace dure - et du serpent, que l'on choisit vivants. Nous avons fait l'expérience du serpent, à Guilin.

Ça se passe comme suit. Le préposé du restaurant sort prudemment de la cage des reptiles, avec de longues pinces, celui qu'on lui indique.
Préparation de raviolis de Shanghai
Avec d'infinies précautions, car le bougre est vigoureux et a l'air d'être venimeux, il le cloue par le crâne au tronc d'un arbre au bord du trottoir. Quand il cesse de bouger, il l'entaille autour du cou et le dépouille de sa peau. Puis il lui tranche la tête et le futur repas disparaît vers les cuisines. Toute cette opération attire les curieux. Ce n'est pas tous les jours qu'un riche client leur offre ce spectacle.

Quinze ou vingt minutes plus tard, votre serpent ne se ressemble plus du tout. Détaillé en fines lanières, accompagné de beaux légumes verts et d'une sauce appétissante, il semble parfaitement comestible. Il l'est. Comme texture et comme goût, la chair du serpent se situe à mi-chemin entre celle du porc et celle du poulet. L'essayer, c'est l'adopter! (G.L.)


Marchandage

Lors de notre premier séjour au Maroc, nous avons acheté, dans les souks de Fès, une assiette de porcelaine blanche et bleue, typique de la ville, que nous avons marchandée avec âpreté
Fès, fontaine Nejjarine C'était notre première expérience et nous étions assez fiers de nous, quoique quand même un peu troublés à l'idée d'y être allés un peu fort. Revenus à notre hôtel, nous avons remarqué une assiette assez semblable à la nôtre dans la vitrine du magasin à prix fixes.

Elle était offerte exactement au même montant que celui que nous avions payé! À partir de ce moment-là, nous nous sommes informés avant de marchander et nous avons eu moins de scrupules à nous montrer inflexibles et sans-cœur. (G.L.)


Touristes enregistrés

Nous avons dû aller nous-même deux fois nous enregistrer à la police de l'immigration. La première fois, c'était au Caire, en Égypte, au Mogamma Building, où nous devions également obtenir une prolongation de visas.

Le Mogamma est un immeuble de quatorze étages où travaillent plus de dix-huit mille bureaucrates. Dans ce cauchemar de béton, de couloirs et de guichets, des fonctionnaires patibulaires règnent en maîtres dans une pagaille invraisemblable, usant de méthodes administratives d'une redoutable inefficacité. Et toutes les indications sont en arabe!
Pour obtenir un service, il faut d'abord passer à un premier guichet, qui va nous vendre le formulaire dont nous avons besoin, puis à un deuxième, où nous achetons les timbres qui servent à l'acquittement des frais de service, et finalement, à l'ultime guichet qui va nous délivrer, espérons-le, ledit service. Tampons Tampons Tampons
Tampons Tampons Tampons
Si on s'est trompé de formulaire ou qu'on n'a pas acquitté le bon montant, il faut recommencer depuis le début. Éprouvant! Il paraît que nous avons eu de la chance: nous avons réussi l'épreuve en moins d'une heure. Et pour l'enregistrement, on nous a dit: «Canada, no need» Ouf !

La seconde fois, c'était à Tartous, en Syrie, dans un immeuble beaucoup plus petit et plus sympathique. Après avoir été promenés d'un bureau à l'autre et d'un étage à l'autre, après avoir rempli des formulaires, fourni des photos et acheté des timbres, nous attendions le coup de tampon final qui nous libérerait des arcanes de l'administration. Le superviseur chargé de donner le OK définitif à notre démarche se faisait attendre. Il faisait très chaud. Dans le bureau où nous étions coincés régnait une atmosphère décontractée très peu militaire. Sans manifester le moindre signe d'impatience, nous devisions joyeusement avec les fonctionnaires en uniforme. Puis un employé est arrivé et a déposé devant nous sur le comptoir, deux canettes de 7UP fraîches et fort bienvenues. Le temps de nous désaltérer dans la plus franche cordialité, nous avons récupéré nos passeports. Autre administration, autres moeurs! (G.L.)  


La clinique d'Arequipa

En près de quarante ans de voyage, il ne m'est arrivé qu'une seule fois de devoir recourir aux services d'un médecin. C'était à Arequipa, au Pérou. Je venais d'apprendre l'existence du choc barométrique et je souffrais de la gorge, des oreilles et des sinus.
Selon les instructions de la réception de l'hôtel, je me suis présentée à l'urgence de la clinique privée de la ville, qui n'avait absolument rien de sous-développée. J'y ai vu très rapidement un médecin formé en Californie, qui parlait un anglais meilleur que mon espagnol. Il m'a traitée avec une attention et une considération que j'ai rarement rencontrées ailleurs. Pour lui, je devais être un cas intéressant. Il était littéralement fasciné par la blancheur de mon teint et par le réseau de veines visibles sous la surface de ma peau. Arequipa, Plaza de Armas
La consultation, difficilement abordable pour le Péruvien moyen, m'a coûté un prix ridicule selon nos critères pour des services de cette qualité. Par contre, les antibiotiques importés d'Australie étaient assez chers. C'est souvent le cas en dehors des pays industrialisés: ceux qui en ont les moyens peuvent toujours s'offrir les meilleurs produits. Je me suis finalement remise très vite de mon malaise et ma compagnie d'assurances a remboursé mes dépenses sans sourciller. (G.L.)


Dans les souks de Fès

La tenue vestimentaire des femmes revêt une importance considérable en pays islamique. Sauf pour quelques pays, il n'est généralement pas nécessaire pour la voyageuse de se voiler ou même de cacher ses cheveux. Il faut tout de même afficher un minimum de décence: porter des vêtements amples, éviter les décolletés, couvrir ses épaules et le haut de ses bras, et ne pas montrer trop ses jambes.
Je me souviens d'avoir rencontré dans la médina de Fès, au Maroc, un véritable premier prix d'insolence et de mauvais goût: une Américaine blond platine, coiffée à la Barbie, portant un short blanc très court surmonté d'un bustier élastique rouge sans bretelles, grimpée sur des mules blanches ornées de grosses fleurs de plastique rouge assorties à ses énormes boucles d'oreilles. La petite dame, fière de son beau bronzage tout neuf, se dandinait allégrement, apparemment indifférente à la commotion qu'elle suscitait sur son passage. Dois-je vous dire que les quolibets pleuvaient sur sa route et qu'il n'était pas vraiment nécessaire de comprendre l'arabe pour en  saisir le sens? Fès, souk des épices
Toujours est-il que cette «sans-doute-très-bonne-personne», seulement victime de sa propre ignorance a dû retourner chez elle avec la conviction que tous les Marocains étaient des obsédés sexuels. Comme méprise, c'est difficile à battre! (G.L.)


Victimes du pouvoir



Au Vietnam cette fois... et en meilleur état
Entre Huaquillas, à la frontière du Pérou, et Guayaquil, sur la côte Pacifique de l'Équateur, nous avons voyagé dans un autobus littéralement recouvert de dizaines de caisses de carton, contenant chacune une cargaison de canetons et de poussins vivants. Il faisait une chaleur torride sous un soleil de plomb. Par deux fois, nous avons été arrêtés par la police militaire, qui a fait descendre tous les passagers pour vérifier leur identité. Nous n'avons pas été inquiétés mais un passager de race noire, qui semblait vraiment quelqu'un de bien et qui voyageait tout près de nous, a subi plus de tracasseries que les autres. C'est à peu près le seul passager dont on a examiné les bagages.
Ces opérations ont beaucoup retardé notre transporteur. Pendant tout ce temps. les pauvres oisillons cuisaient au soleil. Au deuxième arrêt, les policiers sont repartis avec une dizaine de petits canards gambadant entre leurs jambes: achat, cadeau ou invitation à fermer les yeux?

Toujours est-il que ces petites bêtes-là ont eu de la chance. À l'arrivée au terminus, le taux de mortalité était malheureusement très élevé parmi les petits volatiles qui avaient fait tout le voyage. Les innocents sont souvent les premières victimes des exactions policières. Pauvres petites bêtes! (G.L.)


Coupeurs de sacs  Millionnaires
Il m'est arrivé une seule fois fois d'être victime d'un coupeur de sacs. Ça s'est produit dans la vieille ville de Quito, en Équateur.

C'était le premier jour du voyage et, sur le coup, je ne me suis rendu compte de rien. Je n'avais pas encore repris toutes mes bonnes habitudes et j'avais baissé ma garde. Mais je n'étais quand même pas complètement idiote: mon voleur s'est enfui avec un paquet de papiers-mouchoirs et un petit foulard sans valeur. Par instinct, j'avais gardé la main sur mon appareil photo. (G.L.)
En fait la seule fois de notre vie où nous avons été millionnaires, c'était dans l'ex-Yougoslavie, quelques mois avant que tout n'explose. La valeur du dinar baissait continuellement alors que l'inflation échappait à tout contrôle. La situation économique se détériorait si vite que le prix des services était souvent affiché en deutsche marks, une monnaie forte et stable. Les billets de banque ne valaient plus rien.

Pour trois cents dollars, on nous remettait une pile de dinars telle qu'il nous aurait fallu un attaché-case pour tout transporter. Nous en mettions partout: dans nos portefeuilles, nos poches de veste ou de pantalon, au fond de nos sacs. Il faut dire, en contrepartie, qu'un simple repas au restaurant entamait généreusement notre fortune et nous soulageait d'une bonne épaisseur de billets. Hélas! (G.L.)


Incroyable Alexandra

Le jour où Alexandra David-Néel est entrée dans ma vie est à marquer d'une croix sur mon calendrier personnel. Cette Française était une sacrée bonne femme. La lecture de sa biographie se révèle une inspiration fantastique pour tous ceux qui ont envie de voyager. Malade et dépressive, elle s'est mise à voyager pour satisfaire un dernier caprice avant sa mort. Elle avait à peine plus de quarante ans. Son dernier caprice en durera près de soixante! Alexandra était une voyageuse de type maniaque, une adepte de la philosophie bouddhiste.

Ses pas l'ont naturellement portée vers l'Asie. Elle fut la première Occidentale à pénétrer dans la ville de Lhassa, au Tibet, déguisée en mendiante. Elle a vécu la révolution chinoise sur place, alors qu'elle avait près de quatre-vingts ans.
Alexandra David-Néel
Elle est morte en 1969, à l'âge de 101 ans, avec encore en sa possession un passeport valide. Elle a publié plusieurs livres, dont d'étranges romans tibétains, donné des conférences et accordé des entrevues à quantité de journalistes. Celle qui croyait mourir jeune a drôlement marqué son siècle, et pas seulement à cause de son étonnante longévité. (G.L.)


Partir pour les Andes

C'est le voyage dans les pays andins d'Amérique du Sud qui a représenté le plus gros défi de chargement des valises. Après quelques essais infructueux, le nécessaire a fini par entrer. Il fallait tout prévoir, du maillot de bain au manteau d'hiver, des moustiques aux pluies diluviennes, des coups de soleil aux irritations de la gorge.
Les Andes vues des airs Sur la côte du Pacifique ou en Amazonie, le climat est torride toute l'année. En haute montagne, c'est... autre chose. Au petit matin, le mercure frôle parfois le point de congélation. Puis, la température s'élève assez rapidement. Aux environs de midi, on s'ennuie de ses sandales et de ses bermudas. Mais le froid revient dès que le soleil se met à décliner. Et vers dix-sept heures, on peut être certain, entre décembre et avril, de se retrouver sous des trombes d'eau.
On n'a d'autre choix que d'adopter la technique de l'oignon, c'est-à-dire les pelures superposées: t-shirt, chandail, veste et imperméable, qu'on met, enlève et remet dans l'ordre de l'énumération. Il faut un sac de voyage assez volumineux pour pouvoir loger tout ce qu'on ne porte pas, ce qui peut représenter un bon poids à midi.

À moins de passer systématiquement par son hôtel toutes les fins d'après-midi, il vaut mieux porter de bonnes bottes imperméables tout le temps. Je ne connais pas une seule paire de chaussures pouvant résister à l'épreuve de rues transformées en rivières impétueuses et grondantes. (G.L.)


Initiation

Quand on se retrouve un beau matin, après une nuit d'avion sans sommeil, sur l'autoroute qui ceinture la ville de Londres, aux commandes d'une voiture dont le volant est situé à droite, en plein trafic et sous une pluie battante, comment ne pas se demander: «Mais qu'est-ce que je suis venu faire ici

C'est parfaitement normal. Au-delà de la frontière géographique, il existe une frontière mentale, plus difficile à franchir que la première.
Conduite à gauche au Royaume-Uni
Avec le temps, on se rend compte que l'inconfort de l'arrivée se dissipe après le premier sommeil; avec l'expérience, on finit même par apprécier ces moments, les considérer comme une sorte d'épreuve initiatique à traverser pour décrocher de son ancienne vie et passer à la nouvelle. (G.L.)


Tourisme et développement

Il existe un paradoxe du tourisme. Les endroits magnifiques ayant gardé leur charme et leur couleur locale sont des destinations particulièrement recherchées par les voyageurs, surtout quand, en plus, elles ne sont pas chères. Les secrets bien gardés ne le restent pas longtemps et les destinations encore épargnées par le développement touristique à outrance sont vite prises d’assaut. Et comme il faut bien accueillir tout ce beau monde, alors… on développe!

Ce développement ne se fait pas toujours harmonieusement ni intelligemment. C’est souvent la loi du plus fort qui prime, sans le souci de préserver le caractère initial des lieux, de protéger l’environnement ou de respecter les populations locales. Le développement suit rarement un plan d’urbanisme réfléchi et concerté, et les résultats sont parfois affligeants.

Mais malgré quelques coches mal taillées, la manne touristique profite aux pays en voie développement. On construit des infrastructures (routes, électricité, aqueducs, égouts), on crée des emplois, on encourage le marché local. Le niveau de vie augmente, l’éducation et les services de santé aussi.

Lors de notre passage à Las Terrenas, en République dominicaine, des ouvriers étaientt en train de paver la mauvaise route qui longe la mer jusqu’à la plage de La Ballenas. Nous avons entendu des gens, des touristes comme nous, manifester de l’inquiétude quant aux conséquences que ce supplément de progrès pourrait avoir sur le charme et la quiétude du bord de mer.

Des questions du même type pourraient se poser pour à peu près toutes les destinations exotiques. À ces questions, les réponses ne sont pas simples. C’est vrai que le développement s’accompagne souvent d’une certaine uniformisation et d’une certaine perte du caractère d’authenticité – une perte d’âme diront certains - qui permet de prendre de si belles photos. Et qu’il s’accompagne aussi d’une sérieuse hausse de prix.


Mais qui sommes-nous pour interdire le progrès dont nous jouissons à satiété aux pays où nous passons nos vacances? Et de quel droit les condamnerions-nous à la précarité économique? Avant de poser sa serviette sur une plage, ça vaut la peine d’y réfléchir. (G.L)


La réserve des Coréens

Les Coréens, au-delà de leur gentillesse, nous sont apparus, à de rares exceptions près, plutôt réservés, pour ne pas dire indifférents. La barrière de la langue y est sans doute pour quelque chose, mais ça n'explique pas tout. L'esprit d'initiative ne fait pas partie des valeurs dominantes, même chez ceux qui prétendent parler anglais et qui ont pour fonction de servir le public. Il y a tellement peu de touristes occidentaux dans ce pays qu'ils ne semblent pas savoir comment réagir quand ils en voient un. De deux choses l'une : ou bien ils figent sur place, ou bien ils nous ignorent totalement, comme si nous étions devenus transparents. 
Même dans les Services d'informations touristiques, il faut faire des tours de prestidigitation et user de beaucoup de diplomatie pour arracher une simple information aux préposés dont c'est le travail et qui affirment parler anglais! Ils sont si réservés qu'ils ont de la difficulté à décoder le langage non verbal. Après avoir parcouru presque toute l'Asie, la légendaire réserve asiatique nous est familière. Mais la réserve coréenne nous dépasse quelque peu... Nous n'avons pas eu de mauvaus raports avec les Coréens - aucun incident - juste... pas de rapports. Ça ne nous était jamais arrivé. G.L.


La nostalgie du bon vieux temps

Nous ne faisons pas partie des voyageurs nostalgiques qui se plaignent continuellement du temps où «il n'y avait pas de touristes» et où les gens «vivaient pauvrement mais heureux loin de la société de consommation à l'occidentale qui pervertit tout». Ces commentaires paternalistes sont très fréquents parmi les voyageurs. Ceux qui les expriment voudraient que le temps et l'évolution normale des choses s'arrêtent dans les pays dits en voie de développement. Sous des airs altruistes se cache le désir égoïste d’accroître leur sensation de dépaysement et leur propre quête d'exotisme. Un tel discours fait fi du besoin de tout le monde, pas seulement des habitants des pays déjà riches d'où les voyageurs sont issus, d'améliorer leur sort et de bénéficier eux aussi du confort dit «moderne». G.L.


Tout n'est pas glamour en Chine

Chine - Tombeaux des Ming
La Chine est au goût du jour. C'est un pays que nous aimons beaucoup pour de nombreuses raisons, dont son immense richesse culturelle issue d'une civilisation millénaire. Mais nous l'aimons surtout pour ses habitants qui sont généralement très sympathiques et agréables.

Mais tout n'est pas parfait dans ce vaste pays, point sans faut. La Chine a aussi ses aspects déroutants, voire agressants, pour le voyageur venu de l'étranger. Nous en énumérons quelques-uns:
  • La pollution: nous n'avons pas vu beaucoup de ciels d'un beau bleu franc durant notre séjour malgré un temps plutôt ensoleillé. Le smog est présent quasi quotidiennement partout où nous sommes passés. Une population de 1,35 milliards d'habitants consomme évidemment beaucoup d'énergie, et il faut savoir que 70% de cette énergie provient du charbon, une source d''énergie très polluante. Avec sa croissance ultra rapide et comme gros pollueur, la Chine devient de plus en plus un acteur primordial dans la lutte à la sauvegarde de l'environnement planétaire. On dit que les autorités chinoises en sont de plus en plus conscientes - nous l'espérons - et surtout qu'elles n'auront pas beaucoup le choix de prendre des mesures de protection de l'environnement draconiennes si, justement, la Chine veut continuer à croître. Histoire à suivre... 
  • La circulation automobile : autant les Chinois sont plutôt agréables, autant au volant ils deviennent... odieux! La circulation des voitures et des scooters, c'est carrément n'importe quoi.  Bon, ils ne sont pas les seuls dans le monde à être détestables au volant. Certains pays d'Amérique latine et du Moyen-Orient sont dans le même cas. Mais en plus les Chinois, disons-le, conduisent mal. Il n'y a pas une longue tradition de conduite automobile ici. Alors posséder une voiture, voire une petite moto, semble conférer au chauffeur un statut au dessus du commun des mortels. Nous n'avons pas été témoins du moindre accrochage et on ne comprend toujours pas pourquoi! Les piétons, très très nombreux partout, semblent accepter cet état de fait sans jamais protester : il semble tout à fait normal que tout véhicule ait la priorité en tout temps, même sur un feu vert pour le piéton, même sur le trottoir et même en sens inverse de la circulation! Vraiment n'importe quoi!
  • La cigarette : les Chinois sont de gros fumeurs. Les hommes, pas les femmes qui, elles, ne fument pas! Mais les hommes fument beaucoup et n'importe où, y compris dans les ascenseurs, les toilettes publiques, les couloirs et les chambres d'hôtels et, évidemment, dans presque tous les restos, particulièrement les restos populaires. Nous-mêmes, nous avons dû quitter l'hôtel que nous avions réservé à Shanghai parce qu'une odeur nauséabonde de tabac refroidi avait imprégné la literie, les rideaux et les tapis, non seulement dans notre chambre mais dans tout l'immeuble, au point d'en devenir insoutenable!
  • Les crachats : bon, c'est beaucoup moins pire qu'en 1985... Des campagnes des autorités chinoises et sans doute aussi l'élévation du niveau d'éducation ont diminué la fréquence du problème. Mais disons qu'il est assez pénible de voir aboutir un énorme crachat à quelques pieds de soi, précédé d'un raclement de gorge puissant, profond et sonore. Parfaitement dégoûtant...
  • La notion de propreté : les Chinois sont des gens propres. Mais quand il font le ménage, ils tournent souvent les coins ronds. Ils semblerait aussi que leur produits de nettoyage ne soient pas toujours d'une grande efficacité, ou encore trop chers pour leurs moyens. Il reste souvent une petite couche graisseuse après le nettoyage, des empreintes digitales sur les interrupteurs ou de la poussière sur les barreaux de chaises... Bon, ce n'est pas trop grave... 
  • Les laissés pour compte :  la Chine est un pays  riche alors que les Chinois sont plutôt pauvres. Et les laissés pour compte du progrès sont vraiment nombreux. Le développement économique de la Chine est très inégal et il ne faut pas beaucoup sortir des grands axes pour s'en rendre compte. Au retour d'un voyage en Inde, en 1987, nous avions l'habitude de dire que nous y avions côtoyé la misère crasse! Alors qu'en Chine, deux ans plus tôt, nous avions constaté une grande pauvreté mais pas la misère. Cette fois-ci, nous avons quelques fois côtoyé la misère en plus de la pauvreté. C'est d'autant plus frappant que la richesse ostentatoire est maintenant visible partout.
Qu'on se le dise, nous aimons ce pays malgré sa circulation démente, ses crachats, sa fumée de cigarette et ses inégalités scandaleuses. Mais pas d'un amour aveugle! (J.H.)


Une journée sur la route entre Beijing et Pingyao

Lors de notre second séjour en Chine, Nnous avons quitté Beijing pour rejoindre Pingyao, une petite ville fortifiée plus au sud de la Chine. La journée s'annonçait plusutôt pluvieuse. Environ 10 degrés, alors que la normale se situe autour de 15-20 degrés. Mais bon, nous quittions la ville pour une destination plus au sud. Nous avons pris le métro pour nous rendre à la gare et découvert, une fois sur place, que le dernier bout, bien indiqué sur notre plan, est encore en construction. Nous avons donc dû faire le dernier kilomètre à pied.

Notre premier de deux trains, un TGV filant à 200 km à l'heure annonçait une journée tranquille et confortable. Une heure après notre départ (sur une durée de 2 heures 45), il se met à neiger sur les arbres verts et les fleurs! On ne s'en fait pas trop, on doit être en altitude, nous disions-nous.



Chambre dans un hôtel traditionnel chinois à Pingyao

Mais la neige persiste et s'accumule. Une bonne dizaine de centimètres. Et on arrive à Taiyuan, notre ville de transit pour le prochain train, les deux pieds dans la neige, en chaussures. Pour couronner le tout, il faut sortir de la gare pour y rentrer et prendre le train suivant, un train ordinaire, c'est-à-dire probablement déjà vieux quand nous sommes venus en Chine en 1985.

C'est la foule dense, très dense, très très dense, partout. La ville compte plus d'un million d'habitants, mais on se sent loin de la ville glamour qu'est Beijing. On se fraye un chemin facilement, finalement, parce ce qu'un peu tout le monde nous prend en charge, nous guide et nous ouvre le chemin. Un jeune homme, en particulier, nous adopte. 

Dans le train bondé, le jeune homme en question, qui se débrouille en anglais, s'est organisé pour déplacer les gens qui acceptent de bon coeur de nous laisser une place assise assez confortable. Durant l'heure et demie de trajet vers Pingyao, nous avons presque oublié la neige qui continuait de tomber. Le jeune homme, étudiant en histoire de la Chine ancienne, a servi d'interprète pour une partie des passagers du wagon. Nous étions les vedettes qu'on prenait en photos. Le jeune homme, avec notre permission, nous appelait Grandfather et Grandmother, ce qui est un signe de courtoisie en Chine. 

Bref, ce fut un parcours de train fort stimulant, intéressant et instructif. C'est la Chine que nous avions connue que nous retrouvions: chaleur humaine, entraide, curiosité, humour, bonne humeur, joie de vivre. Ils sont très latins finalement, les Chinois! On les adore!

Arrivés à Pinygao, le jeune homme nous a déposés sur le quai et est vite remonté dans le train, une larme au coin de l'oeil. Il neigeait, il faisait froid. Nous n'étions pas  habillés pour ce temps. Comble de chance, les taxis normaux ne peuvent pas entrer à l'intérieur des murailles... où se trouve notre hôtel. Seules les espèces de motos taxis, largement découvertes, le peuvent. Brrrr... Bon, il faut ce qu'il faut! et on est arrivés à l'hôtel transis. La neige avait cessé de tomber, mais il y en avait toujours au sol.

Alors, l'hôtel... Nous avions réservé un hôtel dans une habitation traditionnelle datant de plusieurs siècles, avec une cour intérieure. Pas vraiment idéal avec le temps qu'il fait. N'oublions pas qu'il est censé faire 20 degrés ici. Mais là encore, nous avons été accueillis avec pleins de petits soins qui nous font oublier les vicissitudes du climat. On n'y parle que le chinois mais le langage non verbal fonctionne très bien. Nous avons donc décidé de prendre l'aventure avec humour et de profiter de ce que nous avons. D'autant plus que la ville a l'air fabuleuse.

Un excellent souper, une chambre bien chauffée et une connexion wi-fi qui marche font en sorte que la journée fort bien remplie a été agréablement remplie!  (G.L.)


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